Voyant des Compagnons faire leurs ablutions à la hâte et se contenter de passer la main mouillée sur leurs pieds, le Prophète ﷺ cria de toute sa voix : « Malheur aux talons [mal lavés] : le Feu les attend ! »
وَيْلٌ لِلأَعْقَابِ مِنَ النَّارِ
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî
Trois hommes arrivèrent pendant que le Prophète ﷺ était assis avec ses Compagnons : l'un trouva une place dans le cercle, le deuxième s'assit derrière, le troisième s'en alla. Le Prophète ﷺ dit : « Voulez-vous que je vous parle de ces trois hommes ? L'un a cherché refuge auprès d'Allah, et Allah l'a accueilli ; l'autre a eu de la pudeur, et Allah a eu de la pudeur envers lui ; le dernier s'est détourné, et Allah s'est détourné de lui. »
Il n'est d'envie [légitime] qu'envers deux personnes : un homme à qui Allah a donné des biens et qui les dépense pour le bien, et un homme à qui Allah a donné la sagesse, qui juge par elle et l'enseigne.
Mûsâ se trouvait parmi les Fils d'Israël lorsqu'un homme lui demanda : « Connais-tu quelqu'un de plus savant que toi ? » Il répondit : « Non. » Allah lui révéla : « Si : Notre serviteur al-Khadir. » Mûsâ demanda le moyen de le rencontrer ; Allah lui donna le poisson pour signe. Mûsâ suivit sa trace jusqu'à retrouver al-Khadir, et il leur arriva ce qu'Allah relate dans Son Livre (sourate Al-Kahf).
La guidée et le savoir avec lesquels Allah m'a envoyé sont comme une pluie abondante tombée sur une terre : une partie fertile a absorbé l'eau et fait pousser herbe et pâturage en abondance ; une partie dure a retenu l'eau, dont Allah a fait profiter les gens qui ont bu, abreuvé et cultivé ; une autre partie, plate et stérile, n'a ni retenu l'eau ni rien fait pousser. Ainsi en est-il de celui qui a compris la religion d'Allah, en a tiré profit, l'a apprise et enseignée, et de celui qui n'y a prêté aucune attention et n'a pas accepté la guidée avec laquelle j'ai été envoyé.
Allah ne retire pas le savoir en l'arrachant des hommes, mais en reprenant les savants ; lorsqu'il ne reste plus de savant, les gens prennent pour guides des ignorants qui, interrogés, répondent sans savoir : ils s'égarent et égarent les autres.
C'est Allah qui a rendu La Mecque sacrée, et non les hommes. Il n'est pas permis à quiconque croit en Allah et au Jour dernier d'y verser le sang ni d'y couper un arbre. Si quelqu'un invoque le combat du Messager d'Allah ﷺ pour s'autoriser à y combattre, dites-lui : « Allah l'a permis à Son Messager, et ne vous l'a pas permis. » Cela ne m'a été permis qu'une heure dans une journée ; puis sa sacralité est redevenue aujourd'hui ce qu'elle était hier. Que celui qui est présent transmette à celui qui est absent.
Après la prière de la nuit, vers la fin de sa vie, le Prophète ﷺ dit : « Voyez-vous cette nuit ? Dans cent ans, il ne restera plus personne de ceux qui sont aujourd'hui sur la terre. » (C'est-à-dire de cette génération.)
Un homme demanda : « Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que combattre dans le sentier d'Allah ? L'un de nous combat par colère, un autre par orgueil tribal. » Il répondit : « Celui qui combat pour que la parole d'Allah soit la plus haute, celui-là est dans le sentier d'Allah. »
Un homme demanda : « Ô Messager d'Allah, d'où nous ordonnes-tu d'entrer en état de sacralisation ? » Il répondit : « Les gens de Médine à Dhû l-Hulayfa, les gens du Shâm à al-Juhfa, et les gens du Najd à Qarn. »
Le Prophète ﷺ disait [souvent] : « Ô Allah, notre Seigneur, accorde-nous une belle part ici-bas et une belle part dans l'au-delà, et préserve-nous du châtiment du Feu. »
Nous aurions plus de raison de douter qu'Ibrâhîm lorsqu'il dit : « Seigneur, montre-moi comment Tu redonnes vie aux morts. » – « Ne crois-tu pas ? » – « Si, mais que mon cœur soit rassuré » [2:260]. (Les savants expliquent : Ibrâhîm ne doutait pas ; il voulait passer de la certitude du savoir à celle de la vision, et le Prophète ﷺ le dit par humilité.)
Le Messager d'Allah ﷺ récita : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s'y trouve des versets clairs, qui sont la base du Livre, et d'autres équivoques… » [3:7], puis dit : « Lorsque tu vois ceux qui suivent ce qui est équivoque, ce sont ceux qu'Allah a nommés : méfiez-vous d'eux. »
Celui qui prête un faux serment pour s'approprier les biens d'un musulman rencontrera Allah alors qu'Il sera courroucé contre lui. (Al-Ash‘ath ibn Qays raconta que le verset 3:77 fut révélé à son sujet, à propos d'un puits disputé.)
Lorsque fut révélé : « Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux… » [4:95], le Prophète ﷺ fit appeler Zayd [ibn Thâbit] avec l'encrier et la tablette et dit : « Écris : "Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux et ceux qui combattent dans le sentier d'Allah…" » Ibn Umm Maktûm, aveugle, se plaignit de son infirmité ; furent alors révélés les mots : « … hormis ceux qui ont une infirmité ».
Ô gens, vous serez rassemblés vers Allah pieds nus, nus et incirconcis : « Comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons » [21:104]. Le premier des êtres à être vêtu au Jour de la Résurrection sera Ibrâhîm. On amènera des hommes de ma communauté qu'on emmènera vers la gauche ; je dirai : « Seigneur, mes compagnons ! » On me dira : « Tu ne sais pas ce qu'ils ont innové après toi. » Je dirai alors comme le serviteur vertueux (‘Îsâ) : « J'ai été témoin contre eux tant que j'étais parmi eux… » [5:117].
L'Heure ne viendra pas avant que le soleil ne se lève de son couchant. Lorsque les gens le verront, tous ceux qui sont sur terre croiront ; mais ce sera alors le moment où « la foi ne profitera pas à une âme qui n'avait pas cru auparavant » [6:158].
Dans la grotte, Abû Bakr vit les pieds des polythéistes et dit : « Ô Messager d'Allah, si l'un d'eux levait le pied, il nous verrait. » Il répondit : « Que penses-tu de deux dont Allah est le troisième ? »
مَا ظَنُّكَ بِاثْنَيْنِ اللَّهُ ثَالِثُهُمَا
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî
À la mort de ‘Abd Allâh ibn Ubayy, chef des hypocrites, le Prophète ﷺ donna sa chemise pour l'ensevelir et se leva pour prier sur lui ; ‘Umar le retint par son vêtement. Il dit : « Allah m'a seulement laissé le choix : "Demande pardon pour eux, ou ne le demande pas ; si tu demandes pardon pour eux soixante-dix fois…" [9:80], et j'irai au-delà de soixante-dix. » (Puis fut révélé le verset 9:84 interdisant de prier sur eux.)
Un homme avait embrassé une femme [étrangère] et vint le confesser au Messager d'Allah ﷺ ; il fut alors révélé : « Accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit : les bonnes actions effacent les mauvaises » [11:114]. L'homme demanda : « Est-ce pour moi seul ? » Il répondit : « Pour tous ceux de ma communauté qui agissent ainsi. »
لِمَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ أُمَّتِي
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî
Il viendra au Jour de la Résurrection un homme grand et gras qui ne pèsera pas auprès d'Allah l'aile d'un moustique. Lisez : « Nous ne leur attribuerons aucun poids au Jour de la Résurrection » [18:105].
Un homme [Jibrîl, sous forme humaine] demanda au Prophète ﷺ ce qu'est l'islam, puis l'excellence : « L'excellence (al-ihsân), c'est que tu adores Allah comme si tu Le voyais ; car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. » Il demanda : « Quand viendra l'Heure ? » Il dit : « Celui qui est interrogé n'en sait pas plus que celui qui interroge ; mais je vais t'informer de ses signes : quand la servante enfantera sa maîtresse, et quand les va-nu-pieds, les gens nus, seront les chefs des gens. Elle fait partie des cinq choses que nul ne connaît hormis Allah : "Allah détient la connaissance de l'Heure, fait descendre la pluie et sait ce qu'il y a dans les matrices…" [31:34]. » Puis il dit : « C'était Jibrîl, venu enseigner aux gens leur religion. »
Lorsqu'Allah lui ordonna de laisser le choix à ses épouses [entre ce monde et Allah et Son messager], il commença par ‘Â’isha et lui dit : « Je vais te parler d'une affaire : ne te hâte pas de répondre avant d'avoir consulté tes parents. » (Elle répondit : « Est-ce à ce sujet que je consulterais mes parents ? Je choisis Allah, Son messager et la demeure dernière. »)
Aflah, frère d'Abû l-Qu‘ays, demanda à entrer chez ‘Â’isha, qui refusa avant d'avoir consulté le Prophète ﷺ, car c'était la femme d'Abû l-Qu‘ays qui l'avait allaitée, et non l'homme. Il dit : « Laisse-le entrer, car il est ton oncle [de lait]. » (L'allaitement rend interdits au mariage les mêmes proches que la filiation.)
Allah, à Lui la puissance et la majesté, a dit : « Le fils d'Âdam M'offense : il insulte le temps (ad-dahr), alors que c'est Moi [qui règle] le temps : l'ordre est dans Ma main, Je fais alterner la nuit et le jour. » (Insulter le temps revient à blâmer Celui qui décide des événements.)
Le Paradis et le Feu se disputèrent. Le Feu dit : « On m'a réservé les orgueilleux et les tyrans. » Le Paradis dit : « Qu'ai-je donc à ne recevoir que les faibles et les humbles ? » Allah dit au Paradis : « Tu es Ma miséricorde : par toi, Je fais miséricorde à qui Je veux de Mes serviteurs. » Et Il dit au Feu : « Tu es Mon châtiment : par toi, Je châtie qui Je veux de Mes serviteurs. » Chacun d'eux sera rempli ; et Allah ne fait de tort à aucune de Ses créatures.
Celui qui, dans un serment, dit : « Par al-Lât et al-‘Uzzâ » (idoles), qu'il dise : « Il n'y a de divinité qu'Allah » ; et celui qui dit à son compagnon : « Viens, que je joue avec toi à un jeu de hasard », qu'il fasse une aumône.
Il y a deux jardins d'argent, leur vaisselle et tout ce qu'ils contiennent, et deux jardins d'or, leur vaisselle et tout ce qu'ils contiennent ; et rien ne sépare les gens [du Paradis] de la vision de leur Seigneur, dans le jardin d'Éden, sinon le voile de la Majesté sur Sa face.
Lorsque fut révélée la sourate al-Jumu‘a – « et d'autres parmi eux qui ne les ont pas encore rejoints » [62:3] –, on demanda qui ils étaient ; le Prophète ﷺ posa la main sur Salmân le Persan et dit : « Si la foi était auprès des Pléiades, des hommes – ou un homme – parmi ceux-ci l'atteindraient. »
لَوْ كَانَ الإِيمَانُ عِنْدَ الثُّرَيَّا لَنَالَهُ رِجَالٌ ـ أَوْ رَجُلٌ ـ مِنْ هَؤُلاَءِ
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî
‘Abd Allâh ibn Ubayy avait prononcé des paroles injurieuses contre les Émigrés ; ‘Umar demanda la permission de le punir. Le Prophète ﷺ dit : « Laisse-le : que les gens ne disent pas que Muhammad tue ses compagnons. »
Voulez-vous que je vous dise qui sont les gens du Paradis ? Tout faible, tenu pour faible, qui, s'il jurait par Allah, Allah exaucerait son serment. Voulez-vous que je vous dise qui sont les gens du Feu ? Tout homme grossier, avide et orgueilleux.
Entre les deux souffles [dans la Trompe], il y a quarante [Abû Hurayra refusa de préciser jours, mois ou années]. Puis Allah fera descendre du ciel une eau, et ils pousseront comme pousse la plante. Il n'est rien de l'être humain qui ne se décompose, sauf un os : le coccyx ; c'est à partir de lui que la création sera recomposée au Jour de la Résurrection.
Interrogé au sujet des ânes [et de la récompense de leur usage], le Prophète ﷺ dit : « Rien ne m'a été révélé à leur sujet, sinon ce verset unique qui embrasse tout : "Quiconque fait le poids d'un atome de bien le verra, et quiconque fait le poids d'un atome de mal le verra" [99:7-8]. »
Il n'est pas de prophète qui n'ait reçu des signes tels que les hommes y ont cru ; ce que j'ai reçu, moi, c'est une révélation qu'Allah m'a révélée (le Coran) : j'espère donc être celui qui aura le plus de fidèles au Jour de la Résurrection.
‘Umar entendit Hishâm ibn Hakîm réciter la sourate al-Furqân autrement qu'il ne l'avait apprise, et l'amena au Prophète ﷺ. Celui-ci fit réciter Hishâm et dit : « Elle a été révélée ainsi » ; puis il fit réciter ‘Umar et dit : « Elle a été révélée ainsi. Ce Coran a été révélé selon sept modes (ahruf) : récitez-en ce qui vous est facile. »
Un Compagnon soigna le chef d'une tribu piqué par un scorpion en récitant la Fâtiha, et reçut des moutons. Le Prophète ﷺ dit : « Comment savait-il que c'est une incantation (ruqya) ? Partagez, et donnez-m'en une part. » (Preuve de la licéité de la ruqya par le Coran.)
Un homme voulait épouser une femme mais ne possédait rien pour la dot, pas même un anneau de fer, et proposa la moitié de son pagne. Le Messager d'Allah ﷺ lui dit : « Que ferais-tu de ton pagne ? Si tu le portes, elle n'en aura rien, et si elle le porte, tu n'en auras rien. » (Il le maria finalement en échange de ce qu'il savait du Coran, à charge de le lui enseigner.)
Qu'il est vilain pour l'un d'eux de dire : « J'ai oublié tel et tel verset » ; on le lui a plutôt fait oublier. (Invitation à réviser sans cesse le Coran.)
Le Prophète ﷺ lui dit : « Ô Abû Mûsâ, il t'a été donné une flûte d'entre les flûtes de la famille de Dâwûd » (il louait la beauté de sa voix dans la récitation du Coran).
Le Messager d'Allah ﷺ lui dit : « Récite le Coran [en entier] en un mois. » ‘Abd Allâh dit qu'il pouvait davantage ; il finit par dire : « Récite-le donc en sept jours, et ne dépasse pas cela. »
فَاقْرَأْهُ فِي سَبْعٍ وَلاَ تَزِدْ عَلَى ذَلِكَ
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî
Le Messager d'Allah ﷺ lui dit : « Récite-moi [le Coran]. » Il répondit : « Te le réciter, alors que c'est sur toi qu'il a été révélé ? » Il dit : « J'aime l'entendre d'un autre que moi. » (Ibn Mas‘ûd récita la sourate an-Nisâ’ jusqu'au verset 41, et vit les yeux du Prophète ﷺ couler de larmes.)
إِنِّي أَشْتَهِي أَنْ أَسْمَعَهُ مِنْ غَيْرِي
Paroles du Prophète ﷺ en arabe, dans la version d'al-Bukhârî