Module 8 sur 8
Le tajwîd
Les règles de la récitation du Coran, avec des exemples à écouter.
Le tajwîd est l'art de réciter le Coran en donnant à chaque lettre son point d'articulation et ses caractéristiques. Les règles ci-dessous sont celles de la lecture de Hafs d'après ‘Âsim, celle du Mushaf de Médine. Elles s'apprennent en écoutant un récitateur et en récitant devant un enseignant.
Le « temps » (haraka) est la durée d'une voyelle brève. Exemples : texte othmani de Tanzil ; écoute : récitation de Mahmoud Khalil Al-Husary, verset par verset.
Devant les six lettres de la gorge, le noûn sâkin (نْ) ou le tanwîn se prononce clairement, sans nasalisation prolongée.
Lettres : ء ه ع ح غ خ
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 7 – noûn sâkin devant ‘ayn : le « n » est net.
Quraysh, verset 4 – noûn sâkin devant khâ' : « min khawf ».
Devant ي ن م و (dans deux mots différents), le noûn sâkin ou le tanwîn se fond dans la lettre suivante, avec une nasalisation de deux temps.
Lettres : ي ن م و
Az-Zalzala (La Secousse), verset 7 – « fa-may-ya‘mal » : le noûn se fond dans le yâ' avec nasalisation.
Al-Baqara (La Vache), verset 5 – tanwîn devant mîm : « houdam-min ».
Devant ل et ر, le noûn sâkin ou le tanwîn se fond entièrement, sans nasalisation.
Lettres : ل ر
Al-Baqara (La Vache), verset 5 – « mir-rabbihim » : le noûn disparaît dans le râ'.
Devant le bâ', le noûn sâkin ou le tanwîn se change en mîm légèrement nasalisé ; le Mushaf l'indique par un petit mîm.
Lettres : ب
Al-Humaza (Les Calomniateurs), verset 4 – « layoumbadhanna » : le noûn devient mîm.
Devant les quinze lettres restantes, le noûn sâkin ou le tanwîn est à demi prononcé : nasalisation de deux temps, la langue se préparant déjà à la lettre suivante.
Lettres : ت ث ج د ذ ز س ش ص ض ط ظ ف ق ك
Al-Falaq (L'Aube naissante), verset 2 – noûn devant chîn : nasalisation, sans « n » net.
Le mîm sâkin (مْ) devant un bâ' est prononcé avec une nasalisation, les lèvres à peine fermées.
Lettres : ب
Al-Fîl (L'Éléphant), verset 4 – mîm devant bâ' : nasalisation.
Le mîm sâkin devant un autre mîm se fond en un seul mîm doublé, avec nasalisation.
Lettres : م
Quraysh, verset 4 – « at‘amahoum-min ».
Devant toutes les autres lettres, le mîm sâkin se prononce clairement, surtout devant و et ف.
Al-Kâfirûn (Les Infidèles), verset 6 – mîm devant dâl : « lakoum dînoukoum ».
Le noûn et le mîm portant une chadda se prononcent avec une nasalisation de deux temps.
Lettres : نّ مّ
Al-Kawthar (L'Abondance), verset 3 – « inn-na » : nasalisation sur le noûn doublé.
Les cinq lettres ق ط ب ج د (formule mnémotechnique : « qoutbou jadd ») produisent un léger rebond lorsqu'elles sont sans voyelle, et plus fort à la pause.
Lettres : ق ط ب ج د
Al-Ikhlâs (Le Monothéisme pur), verset 3 – le dâl sans voyelle rebondit.
Al-Falaq (L'Aube naissante), verset 1 – à la pause, le qâf rebondit nettement.
La prolongation de base : alif après fatha, wâw sans voyelle après damma, yâ' sans voyelle après kasra. Durée : deux temps.
Lettres : ا و ي
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 4 – « mâliki » : le « â » dure deux temps.
Une lettre de prolongation suivie d'une hamza dans le même mot. Durée : quatre ou cinq temps ; cette prolongation est obligatoire.
An-Nasr (Le Secours), verset 1 – « jââ'a » : prolongation suivie de la hamza.
Une lettre de prolongation en fin de mot, suivie d'une hamza au début du mot suivant. Durée : quatre ou cinq temps dans la lecture de Hafs par la voie d'ach-Châtibiyya.
Al-Kâfirûn (Les Infidèles), verset 2 – « lââ a‘boudou ».
Une lettre de prolongation suivie d'une lettre à soukoûn permanent (souvent une chadda). Durée : six temps.
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 7 – « ad-dââââllîn » : six temps.
À la pause sur un mot, une lettre de prolongation suivie de la dernière lettre devenue sans voyelle peut être prolongée de deux, quatre ou six temps.
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 2 – à la pause : « al-‘âlamîîn ».
Devant une lettre lunaire, le lâm de l'article se prononce, avec un soukoûn.
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 2 – « al-hamdou » : le lâm se prononce.
Devant une lettre solaire, le lâm de l'article ne se prononce pas : la lettre solaire est doublée.
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 3 – « ar-rahmâni » : le lâm disparaît.
Le lâm du nom « Allah » est prononcé épais (tafkhîm) après une fatha ou une damma, et fin (tarqîq) après une kasra.
Al-Ikhlâs (Le Monothéisme pur), verset 1 – après une damma : lâm épais.
Al-Fâtiha (L'Ouverture), verset 1 – après une kasra : lâm fin.
Références : Sulaymân al-Jamzoûrî, Tuhfat al-atfâl ; Ibn al-Jazarî, Al-Muqaddima al-jazariyya.
Vérifiez vos acquis
Quiz : le tajwîdCours rédigé par l'équipe de Masâlik. Prononciation : voix de synthèse arabe de votre appareil, si elle est installée. Exemples coraniques : texte othmani de Tanzil (CC BY 3.0), récitation de Mahmoud Khalil Al-Husary. Sources et droits